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Tome I.
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DU CONTRAT SOCIAL.

car tous les peuples ont une espèce de force centri-fuge , par laquelle ils agissent continuellement lesuns contre les autres, et tendent a s’agrandir auxdépens de leurs voisins , comme les tourbillonsde Descartes . Ainsi les foibles risquent d'être bien-tôt engloutis ; et nul ne peut guère se conserverqu’en se mettant avec tous dans une espèce d’é-quilibre qui rende la compression partout à peuprès égale.

On voit par là qu’il y a des raisons de s’étendreet des raisons de se resserrer ; et ce n’est pas lemoindre talent du politique de trouver entre lesunes et les autres la proportion la plus avantageusefi la conservation de l’état. On peut dire en généralque les premières , n’étant qu’extérieures et relatives,doivent être subordonnées aux autres, qui sont in-ternes et absolues. Une saine et forte constitutionest la première chose qu’il faut rechercher; et Tondoit plus compter sur la vigueur qui naît d’un bongouvernement , que sur les ressources que fournitun grand territoire.

Au reste, on a vu dc9 états tellement constitués,que la nécessité des conquêtes entrait dans leurconstitution même, et que, pour se maintenir, ilséloicnt forcés de s’agrandir sans cesse. Peut-être scfélicitoicnt-ils beaucoup de cette heureuse nécessité,qui leur montrait pourtant, avec le terme de leurgrandeur, l’inévitable moment de leur chute.