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Tome I.
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LIVRE II.

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vages étendus et commodes, couvrez la mer de vais-seaux ; cultivez le commerce et la navigation ; vousaurez une existence brillante et courte. La mer nebaigne-t-elle sur vos côtes que des rochers presqueinaccessibles , restez barbares et iclithyophages ;vous en vivrez plus tranquilles, meilleurs peut-être,et sûrement plus heureux. En un mot, outre lesmaximes communes a tous, chaque peuple renfermeen lui quelque cause qui les ordonne d’une manièreparticulière, et rend sa législation propre a lui seul.C’est ainsi qu’autrefois les Hébreux, et récemmentles Arabes , ont eu pour principal objet la religion ,les Athéniens les lettres, Carthage et Tyr le com-merce , Rhodes la marine, Sparte la guerre , etRome la vertu. L’auteur de VEsprit des Lois amontré dans des foules d’exemples par quel artle législateur dirige l'institution vers chacun deces objets.

Ce qui rend la constitution d’un état véritable-ment solide et durable, c’est quand les conve-nances sont tellement observées, que les rapportsnaturels et les lois tombent toujours de concert surles mêmes points , et que celles-ci ne font, pourainsi dire, qu’assurer, accompagner, rectifier lesautres. Mais si le législateur, se trompant dans sonobjet, prend un principe différent de celui qui naîtde la nature des choses ; que 1’un tende à la servi-tude et l'autre a la liberté; l'un aux richesses , l’au-tre à la population; l'un a la paix, l’autre aux con-quêtes: on verra les lois s’affoiblir insensiblement,la constitution s'altérer : et l'état lie cessera d’être

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