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DU CONTRAT SOCIAL.
Cette égalité, disent-ils, est une chimère de spé-culation qui ne peut exister dans la pratique. Maissi l’abus est inévitable, s’ensuit-il qu’il ne faille pasau moins le régler? C’est précisément parce que laforce des choses tend toujours a détruire l’égalitéque la force de la législation doit toujours tendre àla maintenir*
Mais ces objets généraux de toute bonne institu-tion doivent être modifiés en chaque pays par lesrapports qui naissent tant *de la situation locale quedu caractère des habitants , et c’est sur ces rapportsqu’il faut assigner à chaque peuple un système par-ticulier d’institution , qui soit le meilleur, non peut-être en lui-même, mais pour l’état auquel il est des-tiné. Par exemple, le sol est-il ingrat et stérile, oule pays trop serré pour les habitants, tournez-vousdu côté de l’industrie et des arts, dont vous échan-gerez les productions contre les denrées qui vousmanquent. Au contraire, occupez-vous de richesplaines et des coteaux fertiles; dans un bon terrain,manquez-vous d’habitants, donnez tous vos soins àl’agriculture, qui multiplie les hommes, et chassezles arts , qui ne feroient qu’achever de dépeupler lepays en attroupant sur quelques points du territoirele peu d’habitants qu’il a (a). Occupez-vous des ri-
(o) Quelque branche de commerce extérieur, dit M. d’Àr-genson, ne répand guère qu’une fausse utilité pour un royaumeen général : elle peut enrichir quelques particuliers, mêmequelques villes ; mais la nation entière n’y gagne rien , et Jepeuple n’en est pas mieux.