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Tome I.
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DU CONTRAT SOCIAL.

dent que l’acte par lequel un peuple se soumet àdes chefs n’est point un contrat, ont grande raison.Ce n’est absolument qu’une commission , un em-ploi , dans lequel, simples officiers du souverain ,ils exercent en son nom le pouvoir dont il les a faitsdépositaires, et qu’il peut limiter, modifier, et re-prendre quand il lui plaît. L’aliénation d’un teldroit étant incompatible avec la nature du corpssocial, est contraire au but de l'association.

J’appelle donc gouvernement ou suprême adminis-tration l’cxcrcicelégitime de la puissance exécutive,et prince ou magistrat l’homme ou le corps chargéde cette administration.

C'est dans le gouvernement que se trouvent lesforces intermédiaires, dont les rapports composentcelui du tout au tout ou du souverain à l'état. Onpeut représenter ce dernier rapport par celui des ex-trêmes d’une proportion continue, dont la moyenneproportionnelle est le gouvernement. Le gouverne-ment reçoit du souverain les ordres qu’il donne aupeuple j et, pour que l’état soit dans un bon équili-bre , il faut, tout compensé, qu’il y ait égalité entrele produit ou la puissance du gouvernement pris enlui-même, et le produit ou la puissance des citoyens,qui sont souverains d'un côté et sujets de l’autre.

De plus, on ne sauroit altérer aucun des troistermes sans rompre à l’instant la proportion. Si lesouverain veut gouverner, ou si le magistrat veutdonner des lois, ou si les sujets refusent d’obéir, ledésordre succède à la règle, la force et la volontén’agissent plus de concert, et l’état dissous tombe