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DU CONTRAT SOCIAL.
ques, et l’abus des lois par le gouvernement est unmal moindre que la corruption du législateur, suiteinfaillible des vues particulières. Alors, l’état étantaltéré dans sa substance, toute réforme devient im-possible. Un peuple qui n’abuseroit jamais du gou-vernement n’abuseroit pas non plus de l'indépen-dance ; un peuple qui gouverneroit toujours bien !n’auroit pas besoin d’être gouverné.
A prendre le terme dans la rigueur de l'acception,il n’a jamais existé de véritable démocratie, et iln’en existera jamais. Il est contre l’ordre naturel quele grand nombre gouverne et que le petit soit gou- 1verné. On ne peut imaginer que le peuple reste in-cessamment assemblé pour vaquer aux affaires pu-bliques, et l’on voit aisément qu'il ne sauroit établirpour cela des commissions, sans que la forme del’administration change.
En effet, je crois pouvoir poser en principe que ,quand les fonctions du gouvernement sont parta-gées entre plusieurs tribunaux, les moins nombreuxacquièrent tôt ou tard la plus grande autorité, nefût-ce qu’a cause de la facilité d’expédier les affai-res , qui les y amène naturellement.
D’ailleurs, que de choses difficiles a réunir nesuppose pas ce gouvernement ! Premièrement unétat très-petit, où le peuple soit facile à rassem-bler, et où chaque citoyen puisse aisément connoî-tre tous les autres : secondement, une grande sim-plicité de mœurs qui prévienne la multitude d’affaireset de discussions épineuses : ensuite , beaucoup d’é-galité dans les rangs et dans les fortunes, sans quoi