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Tome I.
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LIVRE III.

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l’égalité ne sauroit subsister long-temps dans lesdroits et l'autorité : enfin peu ou point de luxe, carou le luxe est l 1 efFct des richesses, ou il les rendnécessaires ; il corrompt à la fois le riche et le pau-vre, l’un par la possession, l’autre parla convoitise ;il vend la patrie à la mollesse, à la vanité; il ôte àl’état tous ces citoyens pour les asservir les uns auxautres, et tous à l’opinion.

Voilà pourquoi un auteur célèbre a donné lavertu pour principe à la république (*), car toutesces conditions ne sauroient subsister sans la vertu :mais, faute d’avoir fait les distinctions nécessaires,ce beau géni’c a manqué souvent de justesse, quel-quefois de clarté , et n’a pas vu que l’autoritésouveraine étant partout la même, le même prin-cipe doit avoir lieu dans tout état, bien constitué ;plus ou moins , il est vrai , selon la forme dugouvernement.

Ajoutons qu'il n’y a pas de gouvernement si sujetaux guerres civiles et aux agitations intestines quele démocratique ou populaire , parce qu’il n’y en aaucun qui tende si fortement et si continuellementà changer de forme, ni qui demande plus de vigi-lance et de courage pour être maintenu dans lasienne. C’est surtout dans cette constitution que lecitoyen doit s’armer de force et de constance, etdire chaque jour de sa vie au fond de son cœur ceque disoit un vertueux palatin (a), dans la diète de

(*) Esprit des luis, liv. ni, chap. 3.

(a) Le palatin de Posnanie, père du roi de Pologne , duc deLurrainc.