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Tome I.
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DU CONTRAT SOCIAL.

tion semblable s’observe généralement clans la mêmedirection de la ligne au pôle. Or n’est-ce pas undésavantage visible d’avoir dans un produit égal unemoindre quantité d’aliments ?

 toutes ces différentes , considérations j’en puisajouter une qui en découle et qui les fortifie ; c’estque les pays chauds ont moins besoin d’habitantsque les pays froids, et pourroienten nourrir davan-tage 5 ce qui produit un double superflu toujours àl’avantage du despotisme. Plus le même nombred’habitants occupe une grande surface , plus les ré-voltes deviennent diflicües, parce qu’on ne peutse concerter ni promptement ni secrètement, etqu'il est toujours facile au gouvernement d’éventerles projets et de couper les communications. Maisplus un peuple nombreux se rapproche, moins legouvernement peut usurper sur le souverain : leschefs délibèrent aussi sûrement dans leurs cham-bres que le prince dans son conseil , et la foule s’as-semble aussitôt dans les places que les troupes dansleurs quartiers. L’avantage d'un gouvernement ty-rannique est donc en ceci d’agir a grandes distances.A l’aide des points d’appui qu’il se donne, sa forceaugmente au loin comme celle des leviers ( n). Celledu peuple, au contraire, n'agit que concentrée:elle s’évapore et se perd en s’étendant, comme i'ef-

(<i) Ceci ne contredit pas ce que j’ai dit ci-devant, liv. Il,cli. ix, sur les inconvénients des grands états; car il s’agissoitlà de l’autorité du gouvernement sur ses membres, et il s’agitici de sa force contre les sujets. Ses membres épars lui servent