LIVRE III.
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vers les choses de consommation: en Angleterre ilse montre sur une table chargée de viandes ; en Ita-lie on vous régale de sucre et de fleurs.
Le luxe des vêtements offre encore de semblablesdifférences. Dans les climats où les changements dessaisons sont prompts et violents, on a des habitsmeilleurs et plus simples ; dans ceux où l’on ne s’ha-bille que pour la parure , on y cherche plus d'éclatque d’utilité 5 les habits eux-mêmes y sont un luxe.A Naples , vous verrez tous les jours se promenerau Pausilype des hommes en veste dorée, et pointde bas. C’est la même chose pour les bâtiments : oudonne tout a la magnificence quand on n’a rien àcraindre des injures de l’air. A Paris , h Londres ,on veut être logé chaudement et commodément : àMadrid on a des salons superbes , mais point de fe-nêtres qui ferment, et l’on couche dans des nids â rats.
Les aliments sont beaucoup plus substantiels etsucculents dans les pays chauds ; c’est, une troisièmedifférence qui ne peut manquer d’influer sur la se-conde. Pourquoi mange-t-on tant de légumes en Ita-lie ? parce qu'ils y sont bons , nourrissants, d’excel-lent goût. En France , où ils ne sont nourris qued’eau, ils 11e nourrissent point, et sont presque comp-tés pour rien sur les tables 5 ils n’occupent pourtantpas moins de terrain et coûtent du moins autant depeine a cultiver. C’est une expérience faite que lesblés de Barbarie, d’ailleurs inférieurs à ceux deFrance , rendent beaucoup plus enfariné, et queceux de France , â leur tour, rendent plus que lesblés du Nord. D’où l’on peut inférer qu’une grada-