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Tome I.
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207
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LIVRE IV.

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À l’autre extrémité du cercle l’unanimité revient :c’est quand les citoyens , tombés dans la servitude,n’ontplus ni liberté ni volonté. Alors la crainte et laflatterie changent en acclamations les suffrages ; onne délibère plus, on adore ou l'on maudit. Telle«toit la vile manière d’opiner du sénat sous les em-pereurs. Quelquefois cela se faisoit avec des précau-tions ridicules. Tacite observe (* ) que , sous Otlion,les sénateurs , accablant Vitellius d’exécrations ,affectoient de faire en meme temps un bruit épou-vantable, afin que , si par hasard il devenoit le maî-tre , il ne pût savoir ce que chacun d’eux avoit dit.

De ces diverses considérations naissent les maxi-mes sur lesquelles on doitrégler la manière de comp-ter les voix et de comparer les avis , selon que lavolonté générale est plus ou moins facile a connoîtreet l’état plus ou moins déclinant.

Il n’y a qu’une seule loi qui, par sa nature, exigeun consentement unanime ; c’est le pacte social : carl’association civile est l’acte du monde le plus volon-taire; tout homme étant né libre et maître de lui-même , nul ne peut, sous quelque prétexte que cepuisse être, l'assujettir sans son aveu. Décider quele fils d’une esclave naît esclave , c’est décider qu’ilne naît pas homme. #

Si donc, lors du pacte social, il s’y trouve desopposants, leur opposition n’invalide pas le con-trat , elle empêche seulement qu’ils n’y soient com-pris: ce sont des étrangers parmi les citoyens. Quand

(*) Histor., i, 85.