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Tome I.
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DU CONTRAT SOCIAL.

que le gouvernement a toujours granil soin de nelaisser qu’à ses membres : mais cette importantematière demanderoit un traité à part, et je ne puistout dire dans celui-ci.

CHAPITRE II.

Des Suffrages,

On voit, par le chapitre précédent, que la ma-nière dont se traitent les affaires générales peutdonner un indice assez sûr de l’état actuel des moeurset de la santé du - corps politique. Plus le concertrègne dans les assemblées, c’est-à-dire plus les avisapprochent derunanimité, plus aussi la volonté gé-nérale est dominante ; mais les longs débats. lesdissensions, le tumulte, annoncent l’ascendant desintérêts particuliers et le déclin de l'état.

Ceci paroît moins évident quand deux ou plusieursordres entrent dans sa constitution , comme à Lomé les patriciens et les plébéiens, dont les querellestroublèrent souvent les comices ,même dans les plusbeaux temps de la république : mais cette exceptionest plus apparente que réelle; car alors, par le viceinhérent au corps politique, on a pour ainsi diredeux états en un ; ce qui n’est pas vrai des deux en-semble est vrai de chacun séparément. Et eu effet,dans les temps même les plus orageux, les plébis-cites du peuple, quand le sénat ne s’en mêloit pas,passoient toujours tranquillement et à la grande plu-ralité des suffrages: les citoyens n’ayant qu’un in-térêt , le peuple n’avoit qu’une volonté.