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Tome I.
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LIVUE IV.

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generale, qui est la leur : chacun en donnant sonsuffrage dit son avis la-dessus ; et du calcul des voixsc tire la déclaration de la volonté générale. Quanddonc l’avis contraire au mien l’emporte , cela neprouve autre chose sinon que je m'étois trompé, etque ce que j’estimois être la volonté générale nel’étoit pas. Si mon avis particulier l’eût emporté,j'aurois fait autre chose que ce que j’avois. voulu ;c’est alors que je 11’aurois pas été libre.

Ceci suppose , il est vrai, que tous les caractèresde la volonté générale sont encore dans la pluralité ;quand ils cessent d’y être, quelque parti qu’onprenne, il n’y a plus de liberté.

En montrant ci-devant comment on substituoitdes volontés particulières a la volonté générale dansles délibérations publiques, j’ai suffisamment indi-qué les moyens praticables de prévenir cet abus ;j’en parlerai encore ci-après. A l’égard du nombreproportionnel des suffrages pour déclarer cette vo-lonté, j'ai aussi donné les principes sur lesquels onpeut le déterminer. La différence d'une seule voixrompt l’égalité ; un seul opposant romptl'unanimité :mais entre l unanimité et l’égalité il y a plusieurspartages inégaux, à chacun desquels on peut fixerce nombre scion l’état et les besoins du corps po-litique.

Deux maximes générales peuvent servir à réglerces rapports : l’une, que, plus les délibérations sontimportantes et graves, plus l’avis qui l'emporte doitapproçher de ['unanimité ; l’autre, que, plus l’af-faire agitée exige de célérité, plus on doit resserrer

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