LIVRE IV.
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ncs de Rome et en portoit le nom. Ainsi remédiantà Finégalité présente, il la prévint encore pour l'a-venir ) et afin que cette division ne fût pas seulementde lieux, mais d'hommes , il défendit aux habitantsd’un quartier de passer dans un autre $ ce qui em-pêcha les races de se confondre.
Il doubla aussi les trois anciennes centuries de ca-valerie, et y en ajouta douze autres, mais toujourssous les anciens noms ; moyen simple et judicieux,par lequel il acheva de distinguer le corps des che-valiers de celui du peuple, sans faire murmurer cedernier.
A ces quatre tribus urbaines Servius en ajoutaquinze autres , appelées tribus rustiques , parcequ’elles étoient formées des habitants de la cam-pagne , partagés en autant de cantons. Dans la suiteon en fit autant de nouvelles ; et le peuple romainse trouva enfin divisé en trente-cinq tribus, nombreauquel elles restèrent fixées jusqu’à la fin de la ré-publique.
De cette distinction des tribus de la ville et destribus de la campagne résulta un effet digne d’êtreobservé, parce qu’il n’y en a point d’autre exemple,et que Rome lui dut à la fois la conservation de sesmoeurs et l’accroissement de son empire. On croiroitque les tribus urbaines s’arrogèrent bientôt la puis-sance et les honneurs , et ne tardèrent pas d’avilirles tribus rustiques : ce fut tout le contraire. Onconnoît le goût des premiers Romains pour la viechampêtre. Ce goût leur venoit du sage instituteurqui unit à la liberté les travaux rustiques et militai-