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Tome I.
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LIVRE IV.

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long-temps le droit de transférer arbitrairement lescitoyens d'une tribu à l’autre , permirent à la plu-part de se faire inscrire dans celle qui leur plaisoit ;permission qui sûrement n’étoit bonne a rien, etôtoit un des grands ressorts de la censure. De plus,les grands et les puissants se faisant tous inscriredans les tribus de la campagne, et les affranchis de-venus citoyens restant avec la populace dans cellesde la ville , les tribus, en général, n’eurent plus delieu ni de territoire, mais toutes se trouvèrent telle-ment mêlées, qu’on ne pouvoit plus discerner lesmembres de chacune que par les registres ; en sorteque l'idée du mot tribu passa ainsi du réel au per-sonnel , ou plutôt devint presque une chimère.

11 arriva encore que les tribus de la ville , étantplus à portée , se trouvèrent souvent les plus fortesdans les comices, et vendirent l’état à ceux qui dai-gnoient acheter les suffrages de la canaille qui lescomposoit.

A l’égard des curies , l’instituteur en ayant faitdix en chaque tribu ,tout le peuple romain, alorsrenfermé dans les murs de la ville, se trouva com-posé de trente curies, dont chacune avoit ses tem-ples, ses dieux, ses officiers, ses prêtres, et sesfêtes, appelées compitaiia , semblables au xpagana-lia y qu’eurent dans la suite les tribus rustiques.

Au nouveau partage de Servius , ce nombre detrente ne pouvant se répartir également dans sesquatre tribus, il n’y voulut point toucher ; et les cu-ries , indépendantes des tribus , devinrent une autredivision des habitants de Rome : mais il ne fut. point9 . 19