LIVRE IV.
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classe, excepté la dernière, il distingua les jeuneset les vieux, c’est-à-dire ceux qui étoient obliges deporter les armes, et ceux que leur âge en exemp-toit par les lois, distinction qui, plus que celle desbiens, produisit la nécessité de recommencer sou-vent le cens ou le dénombrement : enfin il voulutque l’assemblée se tînt au champ de Mars, et quetous ceux qui étoient en âge de servir y vinssentavec leurs armes.
La raison pour laquelle il ne suivit pas dans ladernière classe cette môme division des jeunes etdes vieux, c’est qu’on n’accordoit point à la popu-lace , dont elle étoit composée, l'honneur de porterles armes pour la patrie ; il falloit avoir des foyerspour obtenir le droit de les défendre : et, de cesinnombrables troupes de gueux dont brillent aujour-d’hui les armées des rois, il n’y en a pas un peut-êtrequi n’eût été chassé avec dédain d’une cohorte ro-maine, quand les soldats étoient les défenseurs delàliberté.
On distingua pourtant encore , dans la dernièreclasse, les prolétaires de ceux qu’on appeloit capitecensi. Les premiers, non tout-à-fait réduits à rien,dojmoient au moins des citoyens à l’état, quelque-fois môme des soldats dans les besoins pressants.Pour ceux qui n’avoient rien du tout et qu’on nepouvoit dénombrer que par leurs têtes, ils étoienttout-à-fait regardés comme nuis , et Marius fut lepremier qui daigna les enrôler.
Sans décider ici si ce troisième dénombrementétoit bon ou mauvais en lui-même, je crois pouvoir