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Tome I.
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DU CONTRAT SOCIAL.

affirmer qu'il n’y avoit que les mœurs simples despremiers Romains, leur désintéressement, leur goûtpour l’agriculture, leur mépris pour le commerceet pour l'ardeur du gain, qui pussent le rendre pra-ticable. Où est le peuple moderne chez lequel la dé-vorante avidité , l’esprit inquiet, l’intrigue, les dé-placements continuels, les perpétuelles révolutions jdes fortunes, pussent laisser durer vingt ans un pa-reil établissement sans bouleverser tout l’état? ilfaut même bien remarquer que les mœurs et la cen-sure , plus fortes que cette institution , en corrigè-rent le vice a Rome , et que tel riche se vit reléguédans la classe des pauvres pour avoir trop étalé sarichesse.

De tout ceci l'on peut comprendre aisément pour-quoi il n’est presque jamais fait mention que de cinq iclasses, quoiqu’il y en eut réellement six. La sixième, |ne fournissant ni soldats à l’armée, ni votants auchamp de Mars (<z), et n’étant presque d’aucunusage dans la république, étoit rarement comptéepour quelque chose.

Telles furent les différentes divisions du peupleromain. Voyons à présent l'effet qu’elles produi- .soient dans les assemblées. Ces assemblées, légiti- îmoment convoquées, s’appcloient comices : elles se |

(a) Je dis au champ de Mars, parce que c’éloitlà que s’assem-bloient les comices par centuries : dans les deux autres formesle peuple s’assembloit au forum ou ailleurs ; et alors les capilccemi a voient autant d’influence et d’autorité que les premierscitoyens.