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Tome I.
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DU CONTRAT SOCIAL.

Les lois et l’élection des chefs n’étoient pas lesseuls points soumis au jugement des comices j le peu-ple romain ayant usurpé les plus importantes fonc-tions du gouvernement, on peut dire que le sort del'Europe étoit réglé dans ses assemblées. Cette va-riété d’objets donnoit lieu aux diverses formes queprenoient ces assemblées, selon les matières sur les-quelles il a voit à prononcer.

Pour juger de ces diverses formes il suffit de lescomparer. Roraulus, en instituant les curies ^avoiten vue de contenir le sénat par le peuple et le peu-ple par le sénat, en dominant également sur tous.Il donna donc au peuple, par cette forme , toutel’autorité du nombre pour balancer celle de la puis-sance et des richesses qu’il laissoit aux patriciens.Mais , selon l’esprit de la monarchie , il laissa cepen-dant plus d’avantage aux patriciens par l’influencede leurs clients sur la pluralité des suffrages.Cette admirable institution des patrons et des clientsfut un chef-d'œuvre de politique et d’humanité sanslequel le patriciat, si contraire a l’esprit delà répu-blique , n’eût pu subsister. Rome seule a eu l’hon-neur de donner au monde ce bel exemple , duquelil ne résulta jamais d’abus , et qui pourtant n’a jamaisété suivi.

Cette même forme des curies ayant subsisté sousles rois jusqu’à Servius , et le règne du dernier Tar-quin n’étant point compté pour légitime, cela fitdistinguer généralement les lois royales par le nomde loges curiatœ.

Sous la république, les curies, toujours bornées