LIVRE IV.
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c’étoit par cela meme que chaque état, ayant sonculte propre aussi-bien que son gouvernement, nedistinguoit point ses dieux de ses lois. La guerrepolitique étoit aussi théologique j les départementsdes dieux étoient pour ainsi dire 6xés par les bor-nes des nations. Le dieu d'un peuple n’avoit aucundroit sur les autres peuples. Les dieux des païensn’étoient point des dieux jaloux ; ils partageoiententre eux l’empire du monde : Moïse meme et lepeuple hébreu se prêtoient quelquefois à cette idéeen parlant du dieu d'Israël . Iis regardoient, il estvrai, comme nuis les dieux des Cananéens, peuplesproscrits, voués a la destruction, et dont ils dé-voient occuper la place j mais voyez comment ilsparloient des divinités des peuples voisins qu’il leurétoit défendu d’attaquer : « La possession de ce qui» appartient à Chamos votre dieu, disoit Jephtéaux» Ammonites, ne vous est-elle pas légitimement due?» Nous possédons au même titre les terres que notre* dieu vainqueur s’est acquises {<*). » C’étoit là, ceme semble, une parité bien reconnue entre lesdroits de Chamos et ceux du dieu d’Israël .
(a) Nonne ea quœ possidel Chamos deus tuus, libi jure debenftir ?( Jug. xi, 24*) Tel est le texte de la Vulgate. Le père de Car-rières a traduit î Ne croyez-vous pas avoir droit de posséderce qui appartient à Cltamos votre dieu? J’ignore la force dutexte licbreu; mais je vois que, dans la Vulgate , Jephté rc-connoît positivement le droit du dieu Chamos , et que le tra-ducteur François affoiblit cette recounoissance par un selon«ïuj qui n’est pas dans le latin.