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Tome I.
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DU CONTRAT SOCIAL.

que les dieux, ni d’autre gouvernement que le théo-cratique. Ils firent le raisonnement de Caligula ; etalors ils raisonüoient juste. Il faut une longue alté-ration de sentiments et d’idées pour qu’on puisse serésoudre à prendre son semblable pour maître, etse flatter qu'on s’en trouvera bien.

De cela seul qu’on mettoit Dieu à la tête de cha-que société politique, il s’ensuivit qu’il y eut au*tant de dieux que de peuples. Deux peuples étran-gers l'un à l'autre, et presque toujours ennemis , nepurent long-temps reconnoître un même maître ;deux armées se livrant bataille ne sauroient obéirau même chef. Ainsi des divisions nationales résultale polythéisme, et de la l’intolérance théologiqucet civile , qui naturellement est lainême, comme ilsera dit ci-aprês.

La fantaisie qu’eurent les Grecs de retrouver leursdieux chez les peuples barbares, vint de celle qu’ilsavoienl aussi de se regarder comme les souverainsnaturels de ces peuples. Mais c’est de nos joursune érudition bien ridicule que celle qui roule surl’identité des dieux de diverses nations : comme siMoloch, Saturne et Cbronos pouvoient être le mêmedieu! comme si le Baal des Phéniciens, le Zeus des Grecs et le Jupiter des Latins pouvoient êtrele même! comme s’il pouvoit rester quelque chosecommune a des êtres chimériques portant des nomsdifférents !

Que si l’on demande comment dans le paganisme,où charpie état avoit son culte et ses dieux, il n’yavoit point de guerres de religion ; je réponds que