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Tome I.
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LIVRE IV.

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leur culte et leurs dieux, et ayant souvent eux-mêmes adopté ceux des vaincus, en accordant auxuns et aux autres le droit de cité, les peuples dece vaste empire se trouvèrent insensiblement avoirdes, multitudes de dieux et de cultes, à peu prèsles mêmes partout : et voilà comment le paganismene fut enfin dans le monde connu qu’une seule etmême religion.

Ce fut dans ces circonstances que Jésus vint éta-blir sur la terre un royaume spirituel, ce qui, sépa-rant le système théologique du système politique,fit que l’état cessa d’être un , et causa les divisionsintestines qui n’ont jamais cessé d’agiter les peupleschrétiens. Or cette idée nouvelle d’un royaume del’autre monde n’ayant pu jamais entrer dans la têtedes païens, ils regardèrent toujours les chrétienscomme de vrais rebelles., qui, sous une hypocritesoumission, ne cherchoient que le moment de se ren-dre indépendants et maîtres , et d’usurper adroite*tement l’autorité qu'ils feignoient de respecter dansleur foiblessc. Telle fut la cause des persécutions.

Ce que les païens avoient craint est arrivé. Alorstout a changé de face ; les humbles chrétiens ontchangé de langage, et bientôt on a vu ce prétenduroyaume de l’autre monde devenir, sous un chefvisible, le plus violent despotisme dans celui-ci.

Cependant, comme il y a toujours eu un princeet des lois civiles, il a résulté de cette double puis-sance un perpétuel conflit de juridiction qui arendu toute bonne politie impossible dans les étatschrétiens ; et l’on n’a jamais pu venir à bout de sa-

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