242 DU CONTRAT SOCIAL.
voir auquel du maître ou du prêtre on étoit obligéd’obéir.
Plusieurs peuples cependant, même dans l’Eu-rope ou à son voisinage, ont voulu conserver ourétablir l’ancien système , mais sans succès ; l’espritdu christianisme a tout gagné. Le culte sacré esttoujours resté ou redevenu indépendant du souve-rain, et sans liaison nécessaire avec le corps de l’é-tat. Mahomet eut des vues très-saines, il lia bienson système politique ; et, tant que la forme de songouvernement subsista sous les califes ses succes-seurs , ce gouvernement fut exactement un, et bonen cela. Mais les Arabes , devenus florissants, let-trés, polis, mous et lâches, furent subjugués pardes barbares : alors la division entre les deux puis-sances recommença. Quoiqu’elle soit moins appa-rente chez les mahométans que chez les chrétiens,elle y est pourtant, surtout dans la secte d'Alij etil y a des états, tels que la Perse , où elle ne cessede se faire sentir.
Parmi nous, les rois d’AngIcterre se sont établischefs de l'Église ; autant en ont fait les czars : mais,par ce titre, ils s’en sont moins rendus les maîtresque les ministres ; ils ont moins acquis le droit dela changer que le pouvoir de la maintenir : ils n'ysont pas législateurs ; ils n’y sont que princes. Par-tout où le clergé fait un corps («), il est maître et