LIVRE IV. 245
tre. 11 en résulte une sorte de droit mixte et insocia-ble qui n’a point de nom.
A considérer politiquement ces trois sortes dereligions , elles ont toutes leurs défauts. La troisièmeest si évidemment mauvaise , que c’est perdre letemps de s’amuser à le démontrer. Tout ce quirompt l'unité sociale ne vaut rien ; toutes les insti-tutions qui mettent l’homme en contradiction aveclui-même ne valent rien.
Xva seconde est bonne en ce qu’elle réunit le cultedivin et l’amour des lois , et que, faisant de la patriel'objet de l’adoration des citoyens, elle leur apprendque servir l’état, c’eSt en servir le dieu tutélaire.C’est une espèce de théocratie , dans laquelle on nedoit point avoir d’autre pontife que le prince, nid’autres prêtres que les magistrats. Alors mourirpour son pays, c’est aller au martyre ; violer leslois, c’est être impie ; et soumettre un coupable àl’exécration publique , c’est le dévouer au courrouxdes dieux : Sacer esto .
Mais elle est mauvaise en ce qu’étant fondée surl’erreur et sur lemensongc, elle trompe les hommes,les rend crédules , superstitieux , et noie le vraiculte de la divinité dans un vain cérémonial. Elleest mauvaise encore quand, devenant exclusive ettyrannique, elle rend un peuple sanguinaire et in-tolérant; en sorte qu'il 11 e respire que meurtre etmassacre , et croit faire une action sainte en tuantquiconque n’admet pas ses dieux. Cela met un telpeuple dans un état naturel de guerre avec tous lesautres , très-nuisible h sa propre sûreté.
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