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Tome II.
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GOUVERNEMENT

délices dont il est privé dans son pays. Souvenez-vous de ce Spartiate gorgé des voluptés de la courdu grand roi, à qui l’on reprochoit de regretter lasauce noire. Ah! dit-il au satrape en soupirant, jeconnois tes plaisirs, mais tu ne eonnois pas les nôtres.

Il n’y- a plus aujourd’hui de François, d’Allemands,d’Espagnols , d’Anglois même , quoi qu’on en dise ;il n’y a que des Européens. Tous ont les mêmesgoûts, les mêmes passions , les mêmes mœurs, parcequ’aucun n’a reçu de forme nationale par une inst.i-tutionparticulière. Tous , dans les mêmes circonstan-ces , feront les mêmes choses ; tous se diront désin-téressés et seront fripons ; tous parleront du bienpublic et ne penseront qu’à eux-mêmes ; tous vante-ront la médiocrité et voudront être des Crésus ; ilsn’ont d’ambition que pour le luxe ; ils n’ont de pas-sion que celle de l’or : sûrs d’avoir avec lui tout cequi les tente, tous se vendront au premier qui vou-dra les payer. Que leur importe à quel maître ilsobéissent, de quel état ils suivent les lois ? pourvuqu’ils trouvent de l’argent à voler et des femmes àcorrompre, ils sont partout dans leur pays.

Donnez une autre pente aux passions des Polo-nois, vous donnerez à leurs âmes une physionomienationale qui les distinguera des autres peuples, quiles empêchera de se fondre, de se plaire , de s’allieravec eux ; une vigueur qui remplacera le jeu abusifdes vains préceptes , qui leur fera faire par goût etpar passion ce qu’on ne fait jamais assez bien quandon ne le fait que par devoir ou par intérêt. C’est surces âmes-là qu’une législation bien appropriée aura