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GOUVERNEMENT
ont eu l’honneur de souffrir pour la patrie dans lesfers de l’ennemi ; qu’on accordât même à leurs fa-milles quelque privilège honorifique qui rappelâttoujours ce beau souvenir aux yeux du public. Je nevoudrois pourtant pas qu’on se permît dans ces so-lennités aucune invective contre les Russes , ni mêmequ’on en parlât : ce seroit trop les honorer. Ce si-lence , le souvenir de leur barbarie, et l’éloge deceux qui leur ont résisté, diront d’eux tout ce qu’ilen faut dire ; vous devez trop les mépriser pourles haïr.
Je voudrois que par des honneurs, par des récom-penses publiques, on donnât de l’éclat a toutes lesvertus patriotiques , qu’on occupât sans cesse lescitoyens de la patrie , qu’on en fit leur plus grandeaffaire, qu’on la tint incessamment sous leurs yeux.De cette manière ils auroient moins, je l’avoue,les moyens et le temps de s’enrichir , mais ils en au-roient moins aussi le désir et le besoin : leurs cœursapprendroient à connoître un autre bonheur que ce-lui de la fortune ; et voila l’art d’ennoblir les âmeset d’en faire un instrument plus puissant que l’or.
L’exposé succinct des mœurs des Polonois qu’abien voulu me communiquer M. de Wielhorski nesuffit pas pour me mettre au fait de leurs usages ci-vils et domestiques. Mais une grande nation qui nes’est jamais trop mêlée avec ses voisins doit en avoirbeaucoup qui lui soient propres, et qui peut-êtres’abâtardissent journellement par la pente généraleen Europe de prendre les goûts et les mœurs desFrançois. Il faut maintenir, rétablir ces anciens usa-