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Tome II.
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GOUVERNEMENT

vaudrait n’avoir point de roi ; et j e crois impossibleà un aussi grand état que la Pologne de s’en passer,c’est-à-dire d’un chef suprême qui soit à vie. Or, àmoins que le chef d’une nation ne soit tout-à-faitnul, et par conséquent inutile , il faut bien qu’ilpuisse faire quelque chose ; et si peu qu’il fasse, ilfaut nécessairement que ce soit du bien ou du mal.

Maintenant tout le sénat est à la nomination duroi : c’est trop. S’il n’a aucune part à cette nomina-tion, ce n’est pas assez. Quoique la pairie en An-gleterre soit aussi à la nomination du roi, elle enest bien moins dépendante, parce que cette pairieune fois donnée est héréditaire ; au lieu que les évê-chés , palatinats, et castellanies , n’étant qu’à vie ,x-etournent , à la mort de chaque titulaire, à la no-mination du roi.

J’ai dit comment il me parait que cette' nomina-tion devrait se faire ; savoir, les palatins et grandscastellans., à vie et par leurs diétincs respectives;les castellans du second rang, à temps et par ladiète. A l’égard des évêques , il me paroît difficile,à moins qu’on ne les fasse élire par leurs chapitres,d’en ôter la nomination au roi : et je crois qu’onpeut la lui laisser, excepté toutefois celle de l’ar-chevêque de Gnesne (*) ,qui appartient naturellement

(') Gnesne étüit autrefois ta .capitale de la Pologne. Son ar-chevêque, primat du royaume et légat né du saint-siège , éloitchef de la république pendant l’interrègne, et c’étoit Ch sonnom que s’expédioient les universaux pour la dicte dite dV-faction ; il couronnait les rois et les reines .