Band 
Tome II.
Seite
76
JPEG-Download
 

76

GOUVERNEMENT

le droit; et tant qu’ils auront entre eux de petitesguerres, comment veut-on que l’état soit en paix ?J’avoue que les places fortes ont besoin de gardes ;mais pourquoi faut-il des places qui sont fortes seu-lement contre les citoyens et foiblcs contre l’en-nemi ? J’ai peur que cette réforme ne souffre desdifficultés ; cependant je ne crois pas impossible deles vaincre ; et, pour peu qu’un citoyen puissantsoit raisonnable, il consentira sans peine à n’avoirplus a lui de gens de guerre quand aucun autren’en aura.

J’ai dessein de parler ci-après des établissementsmilitaires ; mais je renvoie à cet article ce que j’au-rois à dire dans celui-ci.

Le liberum veto n’est pas un droit vicieux enlui-méme ; mais, sitôt qu’il passe sa borne, il de-vient le plus dangereux des abus : il étoit le garantde la liberté publique ; il n’est plus que l’instru-ment de l’oppression. Il ne reste , pour ôter cetabus funeste, que d’en détruire la cause tout-à-fait.Mais il est dans le cœur de l’homme de tenir auxprivilèges individuels plus qu’à des avantages plusgrands et plus généraux. Il n’y a qu’un patriotismeéclairé par l’expérience qui puisse apprendre à sa-crifier à de plus grands biens un droit brillant de-venu pernicieux par son abus, et dont cet abus estdésormais inséparable. Tous les Polonois doiventsentir vivement les maux que leur a fait souffrir cemalheureux droit. S’ils aiment l’ordre et la paix,ils n’ont aucun moyen d’établir chez eux l’un etl’autre tant qu'ils y laisseront subsister ce droit, bon