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GOUVERNEMENT
leur émulation ne s’endorme pas dans les places oùils ne voient plus que le trône au-dessus d’eux, l’ac-cès leur en sera ouvert, mais de manière à n’y pou-voir arriver encore que par la voix publique et àforce de vertu.
Remarquons, avant que d’aller plus loin, que lacarrière que je donne à parcourir aux citoyens pourarriver graduellement à la tête de la république,paroit assez bien proportionnée aux mesures de lavie humaine pour que ceux qui tiennent les rênesdu gouvernement, ayant passé la fougue de la jeu-nesse , puissent néanmoins être encore dans la vi-gueur de l’âge, et qu’après quinze ou vingt ans d’é-preuve continuellement sous les yeux du public, illeur reste encore un assez grand nombre d’annéesà faire jouir la patrie de leurs talents , de leur expé-rience et de leurs vertus, et a jouir eux-mêmes dansles premières places de l’état du respect et des hon-neurs qu’ils auront si bien mérités. En supposantqu’un homme commence à vingt ans d’entrer dans lesaffaires, il est possible qu'à trente-cinq il soit déjàpalatin, mais comme il est bien difficile et qu’il n’estpas même à propos que cette marche graduelle sefasse si rapidement, on n’arrivera guère à ce posteéminent avant la quarantaine ; et c’est l’âge , à monavis, le plus convenable pour réunir toutes les qua-lités qu’on doit rechercher dans un homme d’état.Ajoutons ici que cette marche paroit appropriée,autant qu'il est possible , aux besoins du gouverne-ment. Dans le calcul des probabilités, j’estime qu’onaura tous les deux ans au moins cinquante nouveaux