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citoyens élus et vingt gardiens des lois ; nombresplus que suffisants pour recruter les deux parties dusénat auxquelles mènent respectivement ces deuxgrades. Car on voit aisément que, quoique le pre-mier rang du sénat soit le plus nombreux, étant àvie, il aura moins souvent des places à remplir quele second, qui, dans mon projet, se renouvelle àchaque diète ordinaire.
On a déjà vu, et l’on verra bientôt encore, que jene laisse pas oisifs les élus surnuméraires en atten-dant qu’ils entrent au sénat comme députés ; pourne pas laisser oisifs non plus les gardiens des lois,en attendant qu’ils y rentrent comme palatins oucastellans, c’est de leur corps que je formerois lecollège des administrateurs de l’éducation dont j’aiparlé ci-devant. On pourroit donner pour présidentà ce collège le primat ou un autre évêque , en sta-tuant au surplus qu’aucun autre ecclésiastique, fût-il évêque et sénateur, ne pourroit y être admis.
Voilà, ce me semble, une marche assez bien gra-duée pour la partie essentielle et intermédiaire dutout, savoir la noblesse et les magistrats ; mais ilnous manque encore les deux extrêmes, savoir lepeuple et le roi. Commençons par le premier , jus-qu’ici compté pour rien, mais qu’il importe enfinde compter pour quelque chose, si l’on veut donnerune certaine force, une certaine consistance à laPologne . Rien de plus délicat que l’opération dontil s’agit; car enfin, bien que chacun sente quel grandmal c’est pour la république que la nation soit enquelque façon renfermée dans l’ordre équestre , et