129
Mais fout n’est pas fait encore , et la partie de eeprojet qui me reste à exposer est sans contredit laplus embarrassante et la plus difficile; elle offre àsurmonter des obstacles contre lesquels la prudenceet l’expérience des politiques les plus consommésont toujours échoué. Cependant il me semble qu’ensupposant mon projet adopté, avec le moyen très-simple que j’ai a proposer, toutes les difficultés sontlevées, tous les abus sont prévenus , et ce qui sem-bloit faire un nouvel obstacle se tourne en avantagedans l’exécution.
CHAPITRE XIV.
Election des Rois.
Toutes ces difficultés se réduisent a celle de don-ner à l’état un chef dont le choix ne cause pas destroubles, et qui n’attente pas a la liberté. Ce quiaugmente la même difficulté est que ce'chef doit êtredoué des grandes qualités nécessaires a quiconqueose gouverner des hommes libres. L’hérédité de lacouronne prévient les troubles , mais elle amène laservitude ; l'élection maintient la liberté, mais achaque règne elle ébranle l’état. Cette alternativeest fâcheuse; mais avant de parler des moyens del’éviter, qu’on me permette un. moment de réflexionsur la manière dont les Polonois disposent ordinai-rement de leur couronne.
D’abord, je le demande, pourquoi faut-il qu’ilsse donnent des rois étrangers ? Par quel singulier
IL