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Tome II.
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DE PAIX PERPÉTUELLE. 173

• Mais quand ce peuple, souverain par nature, eutété soumis aux Romains ses esclaves, et qu’une partiede l’hémisphère connu eut subi le même joug, il seforma une union politique et civile entre tous lesmembres d’un même empire. Cette union fut beau-coup resserrée par la maxime, ou très-sage ou très-insensée , de communiquer aux vaincus tous lesdroits des vainqueurs , et surtout par le fameux dé-cret de Claude, qui incorporoit tous les sujets deRome au nombre de ses citoyens.

A la chaîne politique qui réunissoit ainsi tous lesmembres en un corps, se joignirent les institutionsciviles et les lois, qui donnèrent une nouvelle forcea ces liens , en déterminant d’une manière équita-ble , claire et précise, du moins autant qu’on lepouvoit dans un si vaste empire, les devoirs et lesdroits réciproques du prince et des sujets, et ceuxdes citoyens entre eux. Le Code de Théodose , etensuite les Livres de Justinien, furent une nouvellechaîne de justice et de raison, substituée a propos acelle du pouvoir souverain, qui se relâchoit très-sensiblement. Ce supplément retarda beaucoup ladissolution de l’empire , et lui conserva long-tempsune sorte de juridiction sur les barbares mêmes quile désoloient.

Un troisième lien , plus fort que les précédents,fut celui de la religion ; et l’on ne peut nier que cene soit surtout au christianisme que l’Europe doitencore aujourd’hui l’espèce de société qui s’est per-pétuée entre ses membres, tellement que celui deses membres qui n’a point adopté sur ce point le10. 15