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Tome II.
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SUR LA PAIX PERPÉTUELLE 2U

suppose que leur sagesse est égale a leur ambition,et qu’ils voient d’autant mieux leurs'avantages qu’ilsles désirent plus fortement 5 au lieu que c’est lagrande punition des excès de l’amour-propre derecourir toujours à des moyens qui l’abusent, etque l’ardeur même des passions çst presque toujoursce qui les détourne •de leur but. Distinguons donc,en politique ainsi qu’en morale, l’intérêt réel del’intérêt apparent : le premier se trouveroit dans lapaix perpétuelle ; cela est démontré dans le projet :le second se trouve dans l’état d’indépendance ab-solue qui soustrait les souverains al’empire de la loipour les soumettre à celui de la fortune. Semblablesà un pilote insensé, qui, pour faire montre d’unvain savoir et commander à ses matelots, aimeroitmieux flotter entre des rochers durant la tempête,que d’assujettir son vaissean par des ancres. •

Toute l’occupation des rois, ou de ceux qu’ilschargent de leurs fonctions, se rapporte à deuxseuls objets; étendre leur domination au-dehors, etla rendre plus absolue au-dedans : toute autre vue ,ou se rapporte à l’une de ces deux, ou ne leur sertque de prétexte; telles sont celles du bien public ,du bonheur des sujets } de la gloire de la nation ;mots a jamais proscrits du cabinet, et si lourdementemployés dans les édits publics, qu’ils n’annoncentjamais que des ordres funestes, et que le peuplegémit d’avance quand ses maîtres lui parlent deleurs soins paternels.

Qu’on juge sur ces deux maximes fondamentales,comment les princes peuvent recevoir une proposi-