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Tome II.
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JUGEMENT

plaisoit à montrer à ses compatriotes les avantagesdu gouvernement auquel ils étoient soumis ; il enfaisoit une comparaison raisonnable et discrète avec 'celui dont ils venoient d’éprouver la rigueur. Il louoitle système du prince régnant, il en déduisoit lesavantages ; il montroit ceux qu'on y pouvoit ajouter •et les additions même qu’il demandoit consistoientmoins, selon lui, dans des changements à faire, quedans l’art de perfectionner ce qui étoit fait. Une par -tie de ses vues lui étoient venues sous le règne deLouis XIV ; mais il avoit eu la sagesse de les tairejusqu'à ce que l’intérêt de l’état, celui du gouverne-ment et le sien lui permissent de les oublier.

Il faut convenir cependant que , sous un mêmenom, il y avoit une extrême différence entre la poly-synodie qui existoit et celle que proposoit l’abbé deSaint-Pierre ; et, pour peu qu’on y réfléchisse, ontrouvera que l’administration qu’il citoit en exemplelui servoit bien plus de prétexte que de modèlepour celle qu’il avoit imaginée. Il tournoit mêmeavec assez d’adresse en objections contre son pro-pre système, les défauts à relever dans celui du ré-gent, et, sous le nom de réponses à ses objections ,il montroit sans danger et ces défauts et leurs remè-des. Il n’est pas impossible que le régent, quoiquesouvent loué dans cet écrit par des tours qui nemanquent pas d’adresse, ait pénétré la finesse decette critique , et qu’il ait abandonné l’abbé deSaint-Pierre par pique autant que par foiblesse, plusoffensé peut-être des défauts qu’on trouvoit dans sonouvrage, que flatté des avantages qu’on y faisoit re-