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Tome II.
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JUGEMENT

scrutin devoit faire un renversement épouvantable,et donner plutôt un mouvement convulsif et con-tinuel à chaque partie qu’une nouvelle vigueur aucorps. Qu’on juge du danger d'émouvoir une foisles masses énormes qui composent la monarchiefrançoise. Qui pourra retenir rébranlemcnt donné,ou prévoir tous les effets qu'il peut produire ? Quandtous les avantages du nouveau plan seroient incon-testables j quel homme de sens oseroit entreprendred’abolir les vieilles coutumes, de changer les vieillesmaximes , et de donner une autre forme à l’état quecelle où l’a successivement amené une durée detreize cents ans? Que le gouvernement actuel soitencore celui d’autrefois , ou que, durant tant desiècles, il ait changé de nature insensiblement, ilest également imprudent d’y toucher. Si c’est lememe, il faut le respecter ; s’il a dégénéré, c’estpar la force du temps et des choses, et la sagessehumaine n'y peut rien. ïl ne suffit pas de considérerles moyens qu’on veut employer , si l’on ne regardeencore les hommes dont on se veut servir. Or, quandtoute une nation ne sait plus s’occuper que de niai-series, quelle attention peut-elle donner aux grandeschoses? et dans un pays où la musique est devenueune affaire d’état, que seront les affaires d’état sinondes chansons? Quand on voit tout Paris en fermen-tation pour une place de baladin ou de bel esprit,et les affaires de l’académie ou de l’opéra faire ou-blier l'intérêt du prince et la gloire de la nation,que doit-on espérer des affaires publiques rappro-chées d’un tel peuple et transportées de la cour à la