SUR LA POLYSYNODIE.
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leur système; car autre chose est l'administrationpassagère et souvent orageuse d’une régence, etautre chose une forme de gouvernement durable etconstante qui doit faire partie de la constitution del'état. C’est ici, ce me semble, qu’on retrouve ledéfaut ordinaire à l’abbé de Saint-Pierre, qui est den’appliquer jamais assez bien ses vues aux hommes,aux temps, aux circonstances , et d'offrir toujours ,comme des facilités pour l’exécution d’un projet,des avantages qui lui servent souvent d’obstacles.Dans le plan dont il s’agit , il vouloit modifier ungouvernement que sa longue durée a rendu décli-nant, par des moyens tout-à-fait étrangers à sa con-stitution présente : il vouloit lui rendre cette vigueuruniverselle qui met pour ainsi dire toute la personneen action. C’étoit comme s’il eût dit à un vieillarddécrépit et goutteux : Marchez , travaillez , servez-vous de vos bras et de vos jambes ; car l’exercice estbon a la santé.
En effet, ce n’est rien moins qu’une révolutiondont il est question dans la polysynodie, et il nefaut pas croire, parce qu’on voit actuellement desconseils dans les cours des princes, et que ce sontdes conseils qu’on propose, qu’il y ait peu de diffé-rence d’un système à l’autre. La différence est telle ,qu’il faudroit commencer par détruire tout ce quiexiste pour donner au gouvernement la forme ima*ginée par l’abbé de Saint-Pierre ; et nul n'ignorocombien est dangereux dans un grand état le momentd’anarchie et de crise qui précède nécessairementun établissement nouveau. La seule introduction du