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Tome II.
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JUGEMENT

polysynodie chacun des conseillers a son plan géné-ral , que cette diversité produit nécessairement desdécisions qui se contredisent, et des embarras dansle mouvement total, il répond à cela qu’il ne peuty avoir d’autre plan général que de chercher h per-fectionner les réglements qui roulent sur toutes lesparties du gouvernement. Le meilleur plan gé-néral n’est-ce pas, dit-il, celui qui va le plus droitau plus grand bien de l’état dans chaque affaireparticulière ? D’où il tire cette conclusion très-fausscque les divers plans généraux, ni par conséquentles réglements et les affaires qui s’y rapportent,ne peuvent jamais se croiser ou se nuire mu-tuellement.

En effet, le plus grand bien de l’état n’est pas tou-jours une chose si claire , ni qui dépend autantqu’on le croiroit du plus grand bien de chaque par-tie ; comme si les mêmes affaires ne pouvoient pasavoir entre elles une infinité d’ordres divers et deliaisons plus ou moins fortes qui forment autant dedifférences dans les plans généraux. Ces plans biendigérés sont toujours doubles, et renferment dansun système comparé la forme actuelle de l’état et saforme perfectionnée, selon les vues de l’auteur. Orcette perfection dans un tout aussi composé que lecorps politique, ne dépend pas seulement de cellede chaque partie, comme pour ordonner un palaisil ne suffit pas d’en bien disposer chaque pièce, maisil faut de plus considérer les rapports du tout, lesliaisons les plus convenables, Tordre le plus com-mode , la plus facile communication , le plus parfait