L’UNIVERS.
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laissant s’éloigner de son côté lemonstre, sur le dos duquel ils voyaient,à deux milies de distance, flamber en-core le feu qu'ils avaient allumé.
« Du sommet de l’île où ils étaientretournés, ils en aperçurent une au-tre, mais cette fois herbeuse, boiséeet fleurie, où ils se rendirent, et trou-vèrent une multitude d’oiseaux , quichantèrent avec eux les louanges duSeigneur; cette île était le Paradisdes oiseaux. Les pieux voyageurs yrestèrent jusqu’à la Pentecôte ; et s’é-tant alors rembarqués, ils errèrentpendant plusieurs mois sur l'Océan.Enfin ils abordèrent à une autre île,habitée par des cénobites qui avaientpour patrons saint Patrice et saintAilbée ; ils célébrèrent avec eux laNoël , et ne reprirent la mer qu’aprèsl’octave de l’Épiphanie,
« Un an s’était écoulé pendant cespérégrinations, et ils recommencèrentsans interruption les mômes coursespendant six autres années , se retrou-vant toujours pour la Noël à file deSaint-Patrice et Saint-Ailbée, pour lasemaine sainte à l’île des Moutons,pour la pâque sur 1e dos de la baleine,et pour la Pentecôte à file des Oi-seaux. Mais la septième année, desépreuves toutes spéciales leur étaientréservées : ils furent sur le point d’étreattaqués par une baleine, puis par ungriffon, puis par des cyclopes. Us vi-rent diverses autres îles : d’abord une,grande et boisée, sur laquelle s’échouala baleine qui les avait menacés, etqu’ils dépecèrent; puis une autre îletrès-plane, produisant de gros fruitsrouges, et habitée par une populationqui s’intitulait les Hommes forts;ensuite une autre encore, embauméepar l’odeur des fruits en grappes sousle poids desquels pliaient les arbresqui les portaient, et rafraîchie par dessources limpides bordées d’iierbageset de racines édules; après quoi ils al-lèrent célébrer la Noël au lieu accou-tumé.
«Ayant ensuite navigué au nord,ils virent l’île rocheuse et couverte descories, sans herbe ni arbre, où les cy-clopes avaient leurs forges ; ils s’en éloi-
gnèrent au plus tôt, et eurent le sp®tacle d’un immense incendie. Le len-demain, ils virent au nord une grandeet haute montagne au sommet uebu- )leux, vomissant des flammes : c’était’l’enfer. Revenus vers le sud, ils abor-dèrent une île petite, ronde, toute nue,au sommet de laquelle habitait un er-mite qui leur donna sa bénédiction;puis ils voguèrent encore vers le suépendant tout le carême, et se retrou-vèrent successivement, pour la se-maine sainte, pour la pâque, et pourla Pentecôte, aux lieux qui leur étaientfatalement, assignés.
« Enfin le terme de leurs épreuvesétant arrivé, ils s’embarquèrent dejnouveau, avec des provisions pour:quarante jours ; après ce temps, ils en-trèrent dans la zone d’obscurité quientoure l’île des Saints ; et quand iliil’eurent traversée, ils se trouvèrentinondés de lumière, an rivage deliletant cherchée. C’était une terre éteu-due, semée de pierres précieuses, rou-verte de fruits comme à la saisond’automne, éclairée d’un jour sans fut;ils la parcoururent sur un espace de ;quarante journées sans lui trouver èlimite, et atteignirent un grand (letivtqui coulait au milieu; un ange leurapparut alors, pour leur dire qu’ilsnepouvaient aller au delà , et qu'ils d(-vaient retourner dans leur patrie,eutportant des fruits et des pierres pré-cieuses de, cette terre, réservée auxsaints pour ie temps où Dieu au»subjugué à la vraie foi toutes les na-tions de l’univers.
« Saint Braudati et ses compagnonsrentrèrent alors dans leur n a vire, tra- ;versèrent de nouveau l’enceinte dsténèbres qui dérobe cette bienheu-reuse terre à la curiosité des mortels,et vinrent aborder à l’île des Délices,où ils se reposèrent trois jours; puis,ayant reçu la bénédiction de l’abbe dece monastère, iis revinrent directe-ment en Irlande raconter à leurs ta'res les merveilles qu’ils avaient vues.»Tels sont les récits du onzième sie*
Ce n’était point encore assez «merveilles , et Sigebert de Geiublo®qui rédigea dans le siècle, suivant