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ILES DE L’AFRIQUE.
légende de saint Malo , trouva quelquesparticularités inédites à joindre à larelation de ce fumeux voyage, danslequel son héros avait jusqu’alors jouéut rôle trop obscur : l’île tant vantéequ’il allait rechercher en compagnie deson ancien maître, s’appelait Ima;et quand ils l'eurent atteinte, saintMalo, qu’animait un zèle ardent pourla conversion des infidèles, se hâta deressusciter un géant qui y était en-terré, afin de, l’instruire dans la vraiefoi et de le baptiser sous le nom deMiklus, après quoi il ie laissa mourirde nouveau.
En recherchant quel est le canevasgéographique sur lequel sont brodéesces légendes merveilleuses, on ne peutmanquer d’être frappé de l’ordre oùse succèdent constamment, en cettepérégrination septennale, l’île auxgrosses brebis, celle des oiseaux,enfin celle de Saint-Patrice et Saint-lilfiée, lesquelles offrent comme unvague reflet des îles d’El-Ghanam oudu rnçnu bétail, d’E!-ïhoyour oudes oiseaux, et de Sclierham et Scha-firam ou des Deux frères sorciers desvoyageurs et des géographes arabes (*) ;et la baleine qui vient jouer le rôled’une île au milieu de ce récit, maisqui s’éveille et se meut quand on allumedu feu sur son dos, ne semble-t-elleP® empruntée de l’épisode tout'sem-blable qu’on trouve dans la relation duseptuple voyage de Sindbâd le marin ?L idée même du griffon aux serres me-naçantes n’est-eile pas prise du grandoiseau rokh qui enlève Sindbâd ?
D'un autre côté, cette montagnenaute et nébuleuse qui vomit des flam-mes échappées de l’enfer, n’offre-t-ellePas un rapport marqué avec l’île d’En-te», ainsi dénommée sur les cartes dumoyen âge, et que nous appelons au-jouru hui Ténérife ? L’île des Délices1 la Terre-Promise des Saints ne de-aient-elles point aussi être considé-
.0 Ç e rapprochement des récils arabe, e , ‘ e g™ôe de saint Brandan est ii„. re M ue M.Reinaud de l'Institut a étj l 111 1 S0U ® le signaler égalemeitIrava ‘ ! qu’il prépare sur lagéegraphie d’Aboulféda.
rées comme une transformation desîles du Bonheur et des îles Éternellesdes Arabes ?
Sans nous perdre en conjectures dece genre, voyons ce que les traditionsultérieures ont fait des indications géo-graphiques de saint Brandan . Dès ledouzième siècle, Honorius d’Autunracontait, dans son Image du monde,« qu’il y avait dans l’Océan une eer-« taine île agréable et fertile par-dessus«toutes les autres, inconnue aux« hommes, découverte par quelque« hasard, puis cherchée sans qu’on« pût la retrouver, et enfin appelée« Perdue : c’était, disait-on, celle où« Brandan était venu. » Dans la cartevénitienne des frères Pizzicani en 1367,dans celle d’un anconitain dont lenom est effacé, conservée dans labibliothèque de Weimar et portant ladate de 1424 , dans celle du génoisBeccaria en 1435, le groupe de Madèreestintitulélles-Fortunéesdesaint Bran-dan. Sur le fameux globe de Martin deBeheim en 1492, c’est à une grandeîle beaucoup plus occidentale et placéeau voisinage de l’équateur, qu’appar-tient l’inscription suivante : « L’an« 565 après la naissance de Jésus-« Christ, saint Brandan arriva avec« son navire dans cette île, où il vit« beaucoup de choses merveilleuses; et«après sept ans écoulés, il s’en re-« tourna dans son pays. » Quand cesparages de l’Océan furent mieux con-nus , on transporta i’île de Saint-Brandan, avec des dimensions beau-coup moindres, dans l’ouest de l’Ir lande , ainsi qu’on le voit au seizièmesiècle sur les cartes d’Ortéiius ; puiselle disparut tout à fait de l’Océan oc-cidental pourValler réfugier dans lamer des Indes, où nous la reverronsen compagnie de Cerné. .
Mais ses anciennes voisines d’occi-dent ne purent croire à un si completabandon; elles supposèrent que l’îlecapricieuse se dérobait malicieusementà leur vue, mais qu’elle se laissaitquelquefois entrevoir (*) comme la
(*) Christophe Colomb , dans son journal(publié en i8a5 par le savant Navarrele),