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Iles de l'Afrique / par M. d'Avezac ; avec la collaboration de MM. de Froberville, Frédéric Lacroix, F. Hoefer, Mac Carthy, Victor Charlier ; Iles Madagascar, Bourbon et Maurice
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ILES DE LAFRIQUE.

légende de saint Malo , trouva quelquesparticularités inédites à joindre à larelation de ce fumeux voyage, danslequel son héros avait jusqualors jouéut rôle trop obscur : lîle tant vantéequil allait rechercher en compagnie deson ancien maître, sappelait Ima;et quand ils l'eurent atteinte, saintMalo, quanimait un zèle ardent pourla conversion des infidèles, se hâta deressusciter un géant qui y était en-terré, afin de, linstruire dans la vraiefoi et de le baptiser sous le nom deMiklus, après quoi il ie laissa mourirde nouveau.

En recherchant quel est le canevasgéographique sur lequel sont brodéesces légendes merveilleuses, on ne peutmanquer dêtre frappé de lordrese succèdent constamment, en cettepérégrination septennale, lîle auxgrosses brebis, celle des oiseaux,enfin celle de Saint-Patrice et Saint-lilfiée, lesquelles offrent comme unvague reflet des îles dEl-Ghanam oudu rnçnu bétail, dE!-ïhoyour oudes oiseaux, et de Sclierham et Scha-firam ou des Deux frères sorciers desvoyageurs et des géographes arabes (*) ;et la baleine qui vient jouer le rôledune île au milieu de ce récit, maisqui séveille et se meut quand on allumedu feu sur son dos, ne semble-t-elleP® empruntée de lépisode tout'sem-blable quon trouve dans la relation duseptuple voyage de Sindbâd le marin ?L idée même du griffon aux serres me-naçantes nest-eile pas prise du grandoiseau rokh qui enlève Sindbâd ?

D'un autre côté, cette montagnenaute et nébuleuse qui vomit des flam-mes échappées de lenfer, noffre-t-ellePas un rapport marqué avec lîle dEn-te», ainsi dénommée sur les cartes dumoyen âge, et que nous appelons au-jouru hui Ténérife ? Lîle des Délices1 la Terre-Promise des Saints ne de-aient-elles point aussi être considé-

.0 Ç e rapprochement des récils arabe, e , e gôe de saint Brandan est ii. re M ue M.Reinaud de l'Institut a étj l 111 1 S0U ® le signaler égalemeitIrava ! quil prépare sur lagéegraphie dAboulféda.

rées comme une transformation desîles du Bonheur et des îles Éternellesdes Arabes ?

Sans nous perdre en conjectures dece genre, voyons ce que les traditionsultérieures ont fait des indications géo-graphiques de saint Brandan . Dès ledouzième siècle, Honorius dAutunracontait, dans son Image du monde,« quil y avait dans lOcéan une eer-« taine île agréable et fertile par-dessus«toutes les autres, inconnue aux« hommes, découverte par quelque« hasard, puis cherchée sans quon« pût la retrouver, et enfin appelée« Perdue : cétait, disait-on, celle« Brandan était venu. » Dans la cartevénitienne des frères Pizzicani en 1367,dans celle dun anconitain dont lenom est effacé, conservée dans labibliothèque de Weimar et portant ladate de 1424 , dans celle du génoisBeccaria en 1435, le groupe de Madèreestintitulélles-Fortunéesdesaint Bran-dan. Sur le fameux globe de Martin deBeheim en 1492, cest à une grandeîle beaucoup plus occidentale et placéeau voisinage de léquateur, quappar-tient linscription suivante : « Lan« 565 après la naissance de Jésus-« Christ, saint Brandan arriva avec« son navire dans cette île, il vit« beaucoup de choses merveilleuses; et«après sept ans écoulés, il sen re-« tourna dans son pays. » Quand cesparages de lOcéan furent mieux con-nus , on transporta iîle de Saint-Brandan, avec des dimensions beau-coup moindres, dans louest de lIr­ lande , ainsi quon le voit au seizièmesiècle sur les cartes dOrtéiius ; puiselle disparut tout à fait de lOcéan oc-cidental pourValler réfugier dans lamer des Indes, nous la reverronsen compagnie de Cerné. .

Mais ses anciennes voisines docci-dent ne purent croire à un si completabandon; elles supposèrent que lîlecapricieuse se dérobait malicieusementà leur vue, mais quelle se laissaitquelquefois entrevoir (*) comme la

(*) Christophe Colomb , dans son journal(publié en i8a5 par le savant Navarrele),