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Iles de l'Afrique / par M. d'Avezac ; avec la collaboration de MM. de Froberville, Frédéric Lacroix, F. Hoefer, Mac Carthy, Victor Charlier ; Iles Madagascar, Bourbon et Maurice
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ILES DE LÂFklQUE-

«Ceci leur était arrivé plus de qua-rante ans avant la découverte des«Indes occidentales. »

Mais, après cette grande découverte,la fantastique Antilia devait dispa-raître, et toutes les traditions quonj rattachait seffacer ; cependant unécrivain espagnol du seizième siècle,lauteur bien connu dun Traité del'art de naviguer, Pierre de Médine ,sen mettait encore en peine dans sonlivre Des grandeurs et choses mémo-rables de lEspagne . « Non loin de lîle de Madère , » écrivait-il, «est uneautre île qui se nomme Antilia, quine se voit plus aujourdhui. Je jaitrouvée figurée sur une carte marinefort ancienne, et comme on nen a au-cune information, je me suis appliquéà chercher de tous côtés si jen pour-rais découvrir quelque trace ou ren-seignement; et dans un Ptolémée quiavait été adressé au pape Urbain, jetrouvai cette île indiquée, avec la lé-gende suivante (*) : « Cette île Antilia

* futautrefoisdécouverte par les Portu­ gais ; mais aujourdhui on ne la ren-

* contre plus quand on la cherche:On y a trouvé des gens parlant la«langue espagnole, quon dit sêtre«réfugiés dans cette île en fuyant de-vant les Barbares qui envahirent lEs-" pagne sous le règne du roi Roderie,«le dernier qui gouverna lEspagne «au temps des Goths . Us ont un«archevêque avec six autres évêques,

* et chacun deux a sa cité propre ; ce

(*) Voici cette légende dans le latin ori-8'Ml, suivant la transcription de Pierre deMine :

Isla insula Antilia aliquandô a Lusi-,a nis est inventa, sed modo quando que-ntur non invenitur. Invente sunt in iliagentes qui hispanica lingna loquuntur. QueWpore regis Roderici qui ultimus Hispa-?"} tempore Gothorum rexil, ad liane, am , a iacie Barbarorum qui tune His-P'nam invaserant, fugisse creduntur. Ha-... . rou® archiepiscopum cum sex

as episcopis, et quilibet illorum suam, e . 1 P ro priam civitatem, quare a multismil!* 3 * L e ll ,e i n Civitatum dicitur. Hic po-tli. S jf'f^nissimè vivit, omnibus divi-llls seenb hujus plenus, »

« qui fait que beaucoup de gens lap-« pellent île des Sept Cités ; le peuple« y vit très-chrétiennement, comblé de« toutes les richesses de ce monde. »Cette île, telle quelle était figurée surla carte, a quatre-vingt-sept lieuesdans sa plus grande longueur, qui estdu nord au midi, et vingt-huit delarge, avec lindication de beaucoup deports et de rivières. Dans le Ptolémée dont il est parlé ci-dessus, elle est si-tuée à peu près sur le même parallèleque le détroit de Gibraltar , à 36° etdemi de latitude. On dit quen navi-guant on voit cette île de loin, maisquen sen approchant on ne la trouveplus. »

Le pape Urbain auquel fait ici allu-sion Pierre de Médine, ne peut êtrequUrhain VI, qui siégea de 1378 à1389; si donc la légende lue sur unexemplaire de Ptolémée qui avait ap-partenu à ce pontife, y était portée deslépoque de la confection de ce ma-nuscrit, nous aurions une preuveque les récits de lîle Antilia avaientcommencé à se répandre dès le qua-torzième siècle, une trentaine dannéesavant lépoque à laquelle nous avonscru devoir en rapporter lorigine da-près les indications de Martin deBeheim. Mais il est probable que lAn-tilia et sa légende figuraient, dans lePtolémée dont il sagit, sur une deces cartes supplémentaires que lescosmographes des quinzième et sei-zième siècles se plaisaient à ajoutersuccessivement aux exemplaires ma-nuscrits et aux éditions imprimées dugéographe alexandrin; et nous persis-tons à croire que si la tradition po-pulaire de la fuite des sept évêques àtravers lOcéan peut remonter jusqu'àune date plus ancienne, lapplicationde cette tradition à une île détermi-née, soit réelle, soit imaginaire, commeTAntilia des cartes marines dont jaidonné la liste, cette application, dis-je,ne doit pas être cherchée plus hautque lannée 1414, désignée par le cos-mographe de Nüremberg comme celle un navire espagnol eut connais-sance, au delà de Madère, dune terrejusqualors inaperçue; terre qui nétait