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duchesse pleura , et tenta de se consoler par denouveaux choix. Mais la succession paraissaitassurée. Les nouveaux choix déplurent. Onveilla sur sa conduite avec une sévérité qui nes’accordait, ni avec les mœurs générales, ni avecla conduite personnelle d’Elisabeth. En effet ,quoique les dames russes soient nouvellementadmises dans la société ; qu'à la fin du derniersiècle elles vécussent encore enfermées , et nefussent même comptées pour rien dans l’autoritédomestique , cependant l’usage de la clôture ab-solue et celui des eunuques n’étant point établisdans ce pays, il était résulté de cette captivitédes femmes , au milieu d’une foule d’esclaves,le déréglement total des mœurs ; et quand Pierre I.y fit naître la société, il n’eut à réformer qu’uneaustérité apparente de mœurs, déjà très-dissolues.On ne croyait point que les dernières impératri-ces eussent flétri la gloire de leur règne , pouravoir choisi une foule d’amans dans tous lesrangs de leurs sujets, et jusques parmi les escla-ves. Sous le règne présent , un jeune favorigouvernait l’empire', tandis qu’un simple cosa-que, dont la première fortune avait été de jouerdu serpent dans la chapelle du palais , était