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parvenu jusqu’à épouser secrètement l’impératrice.Ce mariage n’étonnait point dans un pays où lessouverains, il y a peu d’années, s’alliaient indif-féremment dans les dernières familles de leurssujets: mais une raison particulière à cette prin-cesse empêchait qu’il ne fût déclaré. Elisabeths’était fait un point de conscience de laisser sacouronne à son neveu , descendant d’une soeuraînée; et de cette idée de justice , conservée aumilieu de toutes ses faiblesses, vint cette singu-larité de vivre sans mystère avec ses amans, etd’avoir un mari en secret. Souvent encore on• voyait s’élever des fortunes moins éclatantes ,sans autre mérite dans ceux qui y parvenaient ,que d’avoir plu un moment à leur souveraine.Mais, soit envie secrète , soit scrupule d’avoirforcé la grande-duchesse à faire les premiers pas,on s’opposa à tous les choix qu’elle paraissaitfaire ; leur obscurité même, car elle y eut aussirecours , ne les déroba point à l’effroyable exilde ce pays-là. Elle était au désespoir, quand lafortune conduisit en Russie le chevalier Williams,ambassadeur d’Angleterre , homme d’une imagi-nation hardie et d’une conversation séduisante,qui osa lui dire : ,, que la douceur est le mériteC 2
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