( 3i )
four, firent craindre l’éducation forte qu’ils con-tinuaient de lui donner ; on l’ôta de leurs mainspour le confier à de vils corrupteurs; mais lespremiers principes qu’il avait reçus étant restésgravés dans son esprit , de là vint un mélangebizarre de bonnes intentions dégénérées en ridi-cules manières , et de vues ineptes dirigées versde grands objets. Elevé dans l’horreur de l’escla-vage, dans l’amour de l’égalité, dans la passionpour l’héroïsme , il s’attacha fortement à ces no-bles idées ; mais il aimait le grand avec petitesse;et, se proposant d’imiter les t héros dont il descen-dait , son génie le retenait dans des puérilité?.11 affectait de se plaire aux plus baltes fonctionsdes soldats, parce que Pierre I. avait voulu pas-ser par tous les grades de la milice ; et suivantcette idée, si étonnante dans un souverain , demarquer ies progrès de son instruction par desdegrés d’avancement, il se vantait, dans les con-certs de sa cour, d’avoir autrefois servi ies mu-siciens, et d’être devenu premier violon à forcede talens. Une sorte de manie militaire se ré-pandait sur toute sa vie ; sa passion favorite étaitde commander l’exercice ; et pour qu'il eût ceplaisir à toute heure , sans faire murmurer les
Ci