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La grande-duchesse ayant tiré d’un événementqui devait la perdre, une sécurité plus grande,et l’occasion de tenir comme à ses gages la maî-tresse même de son mari, s’enhardit à de nou-veaux desseins, et commença à produire en pu-blic toute l’ineptie de ce prince avec autant desoin qu'elle en avait pris, jusques-là, pour latenir cachée. Elle avait entièrement changé desystème; et désormais, faisant porter toute sonambition sur son fils, elle méditait de faire passersa couronne à cet enfant, et de s’assurer la ré-gence; projet sage, et dans la plus rigide exac-titude des lois de cet empire. Mais il fallaitqu’Elisabeth elle-même destituât son neveu: etcomment y résoudre une princesse douce, irré-solue , superstitieuse qui, un jour, signant untraité d’alliance avec une cour étrangère, n’achevapoint sa signature , parce qu’une guêpe vola sursa plume, et qui respectait dans son neveu lesmêmes droits qu’elle avait fait valoir? Il restaitune ressource à sa mort, celle de supposer untestament, moyen qui , parmi les souverainsmême, n*est pas sans exemple, et pjr lequelAdrien succéda à Trajan.
Mais pendant qu’on préparait cette intrigue, .