24 CHAPITRE I
de l’homme l’a très-souvent mal servi. Lesplus anciens ouvrages qu’il présente sont lesponts d’Avignon et de Pont-Saint-Esprit . Quandon les a exécutés, les moyens pécuniaires man-quaient ; les frères du pont, à qui on les doit,faisaient une arche et allaient quêter l’argentnécessaire pour la suivante ; les piles devaientdonc former culées. De là un écoulement diffi-cile, des cataractes dangereuses, une largeurconsidérable donnant lieu à des dépôts et à desîles. Le pont de la Guillottière à Lyon a aussides piles trop larges Le pont Morand, con-struit en 1771, a des travées trop étroites. Adéfaut de ponts, qui étaient d’un établissementfort cher, les deux rives du Rhône communi-quaient entre elles au moyen de bacs, et lesabords des bacs obstruaient plus ou moins lelit, et préjudiciaient souvent à la navigation.Les propriétaires, avec leur esprit de conser-vation ami du statu quo et peu soucieux desbesoins publics, endiguaient leurs terres dansdes limites aussi étendues que possible, et pres-que toujours mal disposées pour le mouve-ment des bateaux. Quelquefois les populations,menacées par la corrosion du courant , segarantissaient contre ses attaques par des épis