28
CHAPITRE I.
conséquence d’une idée qui a dominé presquetoujours : c’est que le Rhône est un fleuve in-domptable , dont il n’y a que de faibles avan-tages à tirer et qu’il faut abandonner à lui-même. U y a 20 ans, on s’occupait de le rem-placer par un canal latéral (J) ; aujourd’hui onne lui alloue que 800 mille francs par an, et ilse trouve, comme la moindre de nos routes,divisé en trois parties qui appartiennent à desinspections différentes.
Cependant les bateaux à vapeur, avec lesseuls efforts que le commerce a pu faire, ontmontré dans ces derniers temps toute la valeurdu Rhône . Aussi, depuis trois ans, s’est-on oc-cupé de créer pour ce fleuve un service spé-cial. Mais est-on en mesure d’opérer parfaite-ment ? non sans doute. Les ingénieurs sont, ilest vrai, plus méritants que jamais; ils peuventprojeter et exécuter des travaux comme aux
( j ) Le projet de ce canal a été rédigé, de 1822 à 1824,sous la direction de M. Cavenne, actuellement inspecteur gé-néral des ponts et chaussées, et avec la coopération de M. Ker-maingant, aussi inspecteur général, et de plusieurs autresingénieurs d’un grand mérite [V. l’Histoire de la navigationintérieure de la France , par M. Dutens , tome II, page 8).L’estimation de ce projet montait à 35 millions et demi.