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de jeunes Grecs qui chantaient gaiement et dansaientsans pitié dans les orges. Leur beau vêtement blanc,leurs cheveux épars, leurs têtes couronnées de verdureanimaient et poétisaient cette scène vulgaire. A deuxpas d’Athènes , dans cette plaine si fameuse dans lesfastes de la débauche, nous aurions pu nous croiretransportés à une fête de Bacchus.
Bientôt nous embrassâmes d’un coup d’œil la villetout entière, le Parthénon dominant les remparts del’Acropole , et le temple de Thésée situé entre le boiset la ville sur un coteau inculte.
On entre dans Athènes par une longue rue au milieude laquelle s’élève un grand palmier solitaire. Elleconduit en ligne droite au palais du roi, qui est assisà l’autre extrémité de la ville ; mais une église byzan-tine qui est restée debout coupe la rue et borne laperspective. Le palais est un immense bâtiment carréqui a l’apparence honnête d’une grande caserne oud’une belle filature. Les murs droits, polis, sans orne-ments, percés de fenêtres basses et étroites, ne laissentaucun jeu à l’ombre ; enfin, c’est un chef-d’œuvre dugoût bourgeois. Le péristyle est orné de colonnes enmarbre pentélique et la façade est décorée d’un balconlourdement sculpté. Un jardin sans arbres s’étend