ques vaisseaux étrangers dispersés ça et là dans uneattitude menaçante avaient l’air d’écraser de leur or-gueilleuse protection les misérables bricks qui portentà leur mât la croix de Grèce .
La douane est représentée par une espèce de men-diant qui tend la main aux passagers comme pourimplorer une aumône. Une foule de carrosses auxformes étranges stationne sur une grande place auprèsdu port. C’est le rebut des voitures de tous les pays ,que des bateaux marchands apportent par centaines.Ces véhicules sont attelés de deux haridelles qui mar-chent toujours grand train, et franchissent très-rapi-dement la distance qui sépare Athènes du Pyrée .
Le Pyrée est un petit bourg composé de maisonnettesà volets verts ou jaunes, comme on en voit aux envi-rons de Paris . 11 renferme à peu près quatre millehabitants.
La route est de la largeur de nos routes royales.Elle traverse une plaine couverte d’oliviers très-beauxentrecoupés de vignes et de champs d’orge. Quelquestrembles de haute venue mêlent leur feuillage joyeuxà la couleur sévère des oliviers. A la moitié du chemin,devant un cabaret, où d’après un usage invariable leschevaux (ont une halte, nous rencontrâmes une troupe