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été, le premier coup d’œil ne suffit pas pour convaincrede son extrême beauté ; on ne se sent pas pris, en l’a-percevant, de cet enthousiasme qui nous entraîne quel-quefois à la vue de monuments très-beaux, mais d’unordre inférieur; en un mot, on n’éprouve' pas là unede ces émotions victorieuses que produit l’étonnement :on n’apprécie que lentement à l’aide de la science, duraisonnement et de la réflexion.
C’est un fait constant pour nous que, pour com-prendre les derniers termes de l’art, les chefs-d’œuvreles [ilus parfaits, il faut en général passer par unecertaine série d’idées, il faut se résigner à la marcheprogressive de l’éducation. L’intelligence subit à soninsu ce travail de développement, et, pourvu qu’ellesoit douée de cet instinct que l’éducation ne donne pas,mais qu’elle perfectionne, on arrive d’une manièrelente quelquefois, mais certaine, à la juste apprécia-tion des choses d’art. Cela s’explique d’une manièretoute naturelle : ce qui frappe surtout les yeux etl’esprit de l’enfant ou de l’homme, ce sont les attitudesviolentes, les poses déclamatoires, les situations inat-tendues. On est plus sujet à subir des impressions decrainte, d’étonnement, de fureur, qu’à se pénétrer deseffets profonds qui résultent de la beauté simple et