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ATHÈNES.
de transition entre la sculpture égyptienne et la sculp-ture grecque. Celle qui m’a le plus frappé est unestatue colossale récemment découverte à Marathon . Latête présente déjà l’exquise pureté du profil grec; lesbras se séparent du corps; la poitrine dessine gracieu-sement ses formes; mais toute la partie inférieure,depuis le buste, est encore pliée dans cette espèce delinceul dont les Égyptiens avaient coutume d’envelop-per leurs statues et leurs momies. 11 semble que cesoit une belle statue grecque qui, s’éveillant un jourdans ce suaire de marbre, l’aurait violemment rejetéde sa tête et de sa poitrine, et qui, épuisée de ceteffort suprême, serait restée là, les pieds emprisonnésdans la tombe.
Ces précieuses statues sont entourées de ce fouillisde bras cassés, de membres mutilés, de têtes séparéesdu corps, qui donne à tous les musées d’antiques l’as-pect d’un champ de bataille.
11 y a quelques années, un artiste étranger, qui s’étaitlié d’amitié avec M. Pittakis, avait obtenu de lui lapermission de visiter à toute heure le temple de Thésée sans être accompagné du gardien. Il avait distinguéau milieu de ces débris une tête de femme d’une ex-trême beauté. 11 l’avait dessinée plusieurs fois, il pas-