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D'Athènes à Baalbek (1844) / par Charles Reynaud
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ATHÈNES .

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sait île longues heures en contemplation devant cechef-dœuvre brisé, regrettant de ne pouvoir lui rendresa splendeur première et sirritant de son impuissanceà exprimer la perfection de ce qui en restait. 11 reve-nait ainsi chaque jour, de plus en plus épris; enfin sapassion artistique arriva à un tel degré dexaltation,quil résolut de lenlever. Il avait une clef du temple.Une nuit il vint, lémotion dans le cœur, la pâleur surle visage, se glissant le long du mur comme un mal-faiteur, ouvrit la porte, saisit la tête dune main trem-blante, et senfuit comme un fou.

11 passa le reste de la nuit à contempler sa conquêteavec amour, avec avidité. Pendant la journée du len-demain il demeura enfermé chez lui, soit que le joureût amené les remords, soit quil fût en proie à cetteprostration que détermine chez un homme exalté lapossession dun objet longtemps désiré.

RI. Pittakis, de son côté, sétait aperçu de la dispa-rition du morceau, quil regardait comme un des plusprécieux de la collection. Il était désolé; il avait inter-rogé sévèrement le gardien. Rien navait pu expliquercette absence extraordinaire ; car le jeune étranger eûtété, certes, la dernière personne quil eût soupçonnée.11 sen allait donc plus triste quun avare volé, quand