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C’est une petite ville d’Europe , formée d’une série depetits clos galamment arrangés. Dans les soirées duprintemps et de l’été, elle se peuple d’une foule de gensqui viennent chercher un délassement de quelquesheures au mouvement et à la fatigue des affaires. Lesmaisons sont élégantes et confortables; les jardins sontégayés par de belles fleurs, et un ruisseau qui traversele village alimente les bassins.
Les villages de lloudja, de Kadgilar, de Koukoudjia,sont aussi disséminés aux environs de Smyrne . Maisnul ne vaut, a mon sens, le petit village de lîounarhaclii.Il est assis au pied d’une colline; les maisons qui lecomposent sont éparses au milieu des arbres, et il estcoupé par un bois de platanes immenses. Tout unmonde vit dans ces palais de feuillages ; nous les avonsvus peuplés de nids de cigognes, et c’était un spectaclecharmant de voir ces grands oiseaux se promener avecsécurité sur les branches massives. Au milieu de cesplatanes naissent quelques sources qui se divisent enpetits ruisseaux au milieu des grandes herbes.
En somme, cette ville de Smyrne a été richementdotée par le ciel ; mais, comme la nature garde presquetoujours une compensation a ceux qu’elle comble doses trésors, elle lui a donné deux hôtes incommodes