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l'impatience du voyageur qui rêve déjà les magnificen-ces de Stamboul.
A cette beauté première et variée , h cette diversitéde formes, s’ajoute encore la beauté infinie et mobileque jette sur le paysage l’éclat d’un riclie soleil. Lanuit a aussi sa poésie particulière, ses impressions etses tableaux. Les clartés de la lune colorent d’une teinted’or le sillage du bâtiment ; le mouvement de la merfait vaciller cette lumière, et chaque petite vague portea sa cime une étincelle de feu.
Dans ce voyage rapide, on rase ne riche enoliviers qui, lorsqu’elle s’appelait Lesbos , fut la patriede Sapho. On passe entre l’île de Ténédos et la [dainede Troie. C’est a cette distance qu’il faut contempler leslieux chantés par Homère et les tombeaux des héros del’Iliade. La ville de Priam n’a pas même laissé desruines, et on l’appelle aujourd’hui du nom barbare deIfounarbachi. bientôt on franchit le détroit des Darda nelles ; alors on navigue , comme sur un fleuve , entrel’Europe et l’Asie , jusqu’il ce qu’on voie briller dans lelointain les minarets de Constantinople .
L’avant de notre bâtiment était chargé de jeunesgens que des capitaines recruteurs venaient d’enlever àleurs familles. La plupart d’entre eux cachaient ii peine